Orantes de l'Assomption
Présence contemplative au cœur du monde
Rien n’est bon comme le détachement de soi-même, rien n’est déplorable comme la paresse spirituelle, j’en sais quelque chose---------Offrez-vous tous les matins et ne vous reprenez pas dans la journée---P. François Picard///////Il y a toujours à supporter, et tout le monde fait supporter. Il faut savoir se supporter mutuellement avec beaucoup de bonté, de patience, mais en même temps d'austérité de langage, avec l'affection des personnes données à Dieu---------- Je voudrai que pour nous prière et acte d’amour fussent synonymes----Mère Isabelle

Laetare Ierusalem ! Cheminer vers dans la joie vers Pâques

Réjouissez-vous ! Le quatrième dimanche du Carême est dit de Laetare. Il invite déjà à entrevoir la joie de la résurrection du Christ à Pâques.

Qu’est-ce qui caractérise le dimanche de Laetare ?

Laetare, mot latin signifie « Réjouissez-vous !». Nous sommes invités à nous réjouir parce que déjà perce la joie pascale, la joie de la Résurrection. Ce dimanche est une pause au milieu de notre marche vers Pâques. Paradoxalement, tout en nous rapprochant de la Passion de Jésus et de la croix, signe de notre Rédemption, la liturgie de ce dimanche nous rappelle que la source de notre salut est un motif de joie pour les chrétiens.

Ce dimanche est donc un appel à la joie ! Les lectures témoignent de cette Joie de la miséricorde offerte par le Seigneur à un peuple dont le cœur s’est endurci, qui n’a pas écouté son Seigneur, s’est détourné de lui. Tous les chefs des prêtres et du peuple multipliaient les infidélités. Le livre des  Chroniques relit l’histoire du peuple de Dieu qui a préféré les ténèbres à la lumière. Un récit qui fait écho à notre propre histoire, à nos propres combats.

La miséricorde de Dieu est de toujours à toujours. Ainsi la joie jaillit telle une source, se fraye un chemin à la racine même de l’infidélité du peuple dont nous sommes. Joie qui est  un appel à la miséricorde, à nous laisser transformer par l’amour insondable de notre  Père qui s’inscrit dans l’offrande du Christ Jésus engagé avec détermination sur le chemin de la Passion jusqu’à la Croix, afin que tous aient la vie éternelle. Accueillons cette joie, et témoignons en  autour de nous. 

Laetare, premier mot l’antienne d’ouverture du quatrième dimanche de carême reprend un passage du prophète Isaïe (Isaïe 66, 10-11) : Lætare, Ierusalem (…).  Réjouis-toi, Jérusalem ; vous tous qui l’aimez, rassemblez-vous. Jubilez de sa joie, vous qui étiez dans la tristesse ; alors vous exulterez, vous serez rassasiés de consolation. 

En effet, le quatrième dimanche de carême vient au 25e jour soit un peu après le milieu du parcours. La discipline habituelle du Carême en tant que temps de pénitence, est comme adoucie, c’est une manière d’anticiper la joie des fêtes de Pâques. En fait, tout le Carême est sous le signe de la joie ! Ce n’est pas d’abord un temps triste et de pénitence, même si l’on fait des efforts. Cet entraînement, cette forme d’ascèse sont plutôt joyeux.

Comment comprendre cette joie en plein Carême ?

Au fond, nous avons une conception du temps liturgique faussée. Nous concevons le Carême comme une attente de Pâques, comme si le Christ n’était pas déjà ressuscité… et c’est vrai au sens chronologique. Mais l’année liturgique se comprend à partir de la fin. Elle débute deux semaines avant le début de l’Avent avec la fête du Christ-Roi. La Semaine sainte, en particulier la nuit pascale, est en son cœur. C’est-à-dire que toute l’année est centrée sur le fait que nous célébrons le Christ vivant à jamais auprès de Dieu. En Carême : Christ est ressuscité ! Le Vendredi saint, nous prenons cette antienne : Ta croix, Seigneur, nous l’adorons et ta sainte résurrection, nous la chantons (…). Ce jour-là n’est pas l’enterrement de Jésus, mais déjà la célébration du mystère pascal : la joie d’être sauvé par le Christ ! Seulement, nous avons du mal à identifier que nous sommes sauvés et d’une certaine manière nous avons du mal à identifier notre besoin d’être sauvé par Dieu.

Le motif de cette joie naît du grand amour de Dieu envers l’humanité. « Même quand la situation est désespérée, Dieu intervient, en offrant à l’homme le salut et la joie. Dieu, en effet, ne se met pas à l’écart, mais il entre dans l’histoire de l’humanité pour l’animer avec sa grâce et la sauver ». Pape François.

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Lætare, Ierusalem, Réjouis-toi, Jérusalem

Réjouis-toi, Jérusalem ;
et rassemblez-vous,
vous tous qui l’aimez ;
soyez dans le bonheur et la joie,
vous qui étiez dans la tristesse ;
soyez plein d’allégresse
et venez puiser près d’elle
votre consolation.
Je me suis réjoui
quand on m’a dit :
nous irons dans la maison du Seigneur.