commentaire de l’Évangile de Jean (9,1-41)

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Être aveugle doit être un handicap débilitant et une privation de vie. Cela devait être ainsi à l’époque de Jésus où les aveugles, les personnes handicapées physiques, les déficients mentaux, les possédés et les femmes discriminées comptaient parmi ses bien-aimés dans sa mission de guérir/racheter. L’aveugle ne peut pas voir Jésus, mais ce qui importe le plus, c’est que le Christ voit leur cécité non pas comme un péché, mais « pour que les œuvres de Dieu soient manifestées en lui » (Jean 9:3). C’est cette joie intérieure de faire l’expérience du Christ qui apporte non seulement une restauration de la vue, mais un renouveau du cœur, « marcher par la foi, non par la vue » (2 Cor. 5:7). La joie non seulement de voir Jésus mais de vivre et d’être avec lui est ce que signifie la vie consacrée.
En ce quatrième dimanche de Carême, dit Laetare, alors que Jésus rencontre l’aveugle-né (Jean 9:1-41), la vue qu’il lui a donnée ne lui a pas seulement permis de voir le monde, mais surtout de rencontrer son guérisseur dans la foi. Laetare fait écho à la plénitude de la joie non seulement par ce que l’on voit, mais en recevant Jésus lui-même, la Lumière du monde (Jn. 9:5). Contrairement aux voisins de l’aveugle (Jn. 9:8-12) dont la curiosité et l’ignorance les aveuglaient pour ne pas voir Jésus. La curiosité malsaine, la surdité et les doutes des pharisiens les aveuglaient pour ne pas voir la lumière que Jésus lui-même offre (Jn. 9:13-34). Ainsi, Jésus aborda un autre type de cécité, non pas physique, mais une cécité spirituelle (Jn. 9:35-41).
La cécité spirituelle dans la vie chrétienne, comme celle des pharisiens dans Jean 9, fait référence au risque de se concentrer uniquement sur l’extérieur (règles, apparences) plutôt que sur la véritable vision spirituelle (amour, miséricorde, lumière de Jésus). Elle signifie prioriser les structures par rapport aux personnes ou à la mission, manquer la présence de Dieu dans la vie quotidienne, ignorer les inspirations intérieures ou les domaines de croissance, et « voir » uniquement de sa propre perspective personnelle et non de celle de Dieu.
Ce dimanche de Laetare appelle urgemment les Femmes Consacrées à répondre à cette cécité spirituelle par un cœur renouvelé et un esprit transformé en :
- Embrassant et pratiquant une écoute prophétique : prêter attention aux cris des pauvres
- Servant humblement, étant sensibles aux besoins des malades de nos communautés
- Accompagnant, mentorant et s’engageant dans un ministère de présence
- Guidant, comme la Samaritaine (Jn. 4), qui voit Jésus et conduit les autres à lui
- Partageant des histoires de la miséricorde de Dieu, révélant Sa lumière dans les ténèbres.
Enquête au sujet de la guérison de l’aveugle Jn9,8-38
- Enquête des voisins de l’aveugle (v. 8-12)
- Premier interrogatoire de l’aveugle par les pharisiens (v. 13-17)
- L’interrogatoire des parents (v. 18-23)
- Deuxième interrogatoire de l’aveugle par les pharisiens (v. 24-34)
- Dialogue entre Jésus et l’aveugle guéri (v. 35-38)
- Discussion de Jésus avec les pharisiens (v. 39-41)
Un long chemin de patience, de foi et de confiance couronné par la joie de voir à nouveau, une joie offerte que seul Jésus peut offrir !
En ce chemin de Carême, continuons à chercher, non seulement la lumière du Christ, mais la personne même de Jésus qui est le Chemin, la Vérité et la Vie.
Puissions-nous, non seulement désirer l’amour de Dieu, mais aussi le Dieu d’amour. Comme Marie en ce dimanche de Laetare, que notre espérance joyeuse soit fermement ancrée dans le Christ.
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Prière
Ouvre mes yeux, Seigneur, fais que je voie !
Jésus Sauveur, je crois en toi !
Ouvre mes yeux, Seigneur, fais que je voie !
Ton amour me conduira.
Ouvre mes yeux, Seigneur
Aux merveilles de ton amour
Je suis l’aveugle sur le chemin
Guéris-moi, je veux te voir
