Orantes
Présence contemplative au cœur du monde
Rien n’est bon comme le détachement de soi-même, rien n’est déplorable comme la paresse spirituelle, j’en sais quelque chose---------Offrez-vous tous les matins et ne vous reprenez pas dans la journée---P. François Picard///////Il y a toujours à supporter, et tout le monde fait supporter. Il faut savoir se supporter mutuellement avec beaucoup de bonté, de patience, mais en même temps d'austérité de langage, avec l'affection des personnes données à Dieu---------- Je voudrai que pour nous prière et acte d’amour fussent synonymes----Mère Isabelle

Je te salue, comblée de grâce. Le Seigneur est avec toi.

Dialogue de Marie avec l’Ange (Jean Guitton).

Dans la sphère humaine, Marie est seule. Nul ne sait ce qui se passe en elle. Elle est toute lucide, toute consciente, de plus en plus réfléchie et consciente, puisque, au cours de cet entretien avec l’Ange, tout en somme a été tiré au clair. Que va-t-elle dire ? Va-t-elle acquiescer ? Oui, sans doute, mais les Trois respectent son consentir. Tout est possible à la Toute-Puissance, certes, sauf de contraindre une liberté.

Par ailleurs, tout au long de sa vie, la contradiction ne lui a pas été épargnée, ni le tragique quotidien, mais il semble que sa méthode pour résoudre les conflits était de les laisser dénouer par le temps, se bornant à une simplicité silencieuse et patiente. Dans son dialogue avec l’Ange, on voit, semble-t-il, ce caractère authentique, limpide et simple de son caractère.

Qu’il me soit fait selon votre parole ! est la formule la plus simple de l’union de la grâce et de la liberté. Elle aurait pu répondre à l’Ange : Je veux. Cela aurait trop donné à la créature. Elle dit : Qu’il me soit fait, conciliant ainsi ce qui relève de la créature et ce qui doit être rapporté à la prédestination : Qu’il me soit fait selon votre parole ! « Je vous donne quant à moi, puisque vous m’avez faite libre de recevoir ou de refuser vos dons, ce qui manque, sous ce seul rapport, à votre Toute-Puissance ».

La visite de l’ange Gabriel à une jeune fille appelée Marie est relatée dans le récit ci-dessous :

En ce temps-là,
    l’ange Gabriel fut envoyé par Dieu
dans une ville de Galilée, appelée Nazareth,
    à une jeune fille vierge,
accordée en mariage à un homme de la maison de David,
appelé Joseph ;
et le nom de la jeune fille était Marie.
    L’ange entra chez elle et dit :
« Je te salue, Comblée-de-grâce,
le Seigneur est avec toi.
 »
    À cette parole, elle fut toute bouleversée,
et elle se demandait ce que pouvait signifier cette salutation.
    L’ange lui dit alors :
« Sois sans crainte, Marie,
car tu as trouvé grâce auprès de Dieu.
Voici que tu vas concevoir et enfanter un fils ;
tu lui donneras le nom de Jésus.
Il sera grand,
il sera appelé Fils du Très-Haut ;
le Seigneur Dieu
lui donnera le trône de David son père ;
il régnera pour toujours sur la maison de Jacob,
et son règne n’aura pas de fin.
 
»
    Marie dit à l’ange :
« Comment cela va-t-il se faire,
puisque je ne connais pas d’homme ?
 
»
    L’ange lui répondit :
« L’Esprit Saint viendra sur toi,
et la puissance du Très-Haut
te prendra sous son ombre ;
c’est pourquoi celui qui va naître sera saint,
il sera appelé Fils de Dieu.
Or voici que, dans sa vieillesse, Élisabeth, ta parente,
a conçu, elle aussi, un fils
et en est à son sixième mois,
alors qu’on l’appelait la femme stérile.
    Car rien n’est impossible à Dieu. 
»
    Marie dit alors :
« Voici la servante du Seigneur ;
que tout m’advienne selon ta parole.
 »

Alors l’ange la quitta.

Lc 1, 26-38

Immaculée Conception