Orantes
Présence contemplative au cœur du monde
Rien n’est bon comme le détachement de soi-même, rien n’est déplorable comme la paresse spirituelle, j’en sais quelque chose---------Offrez-vous tous les matins et ne vous reprenez pas dans la journée---P. François Picard///////Il y a toujours à supporter, et tout le monde fait supporter. Il faut savoir se supporter mutuellement avec beaucoup de bonté, de patience, mais en même temps d'austérité de langage, avec l'affection des personnes données à Dieu---------- Je voudrai que pour nous prière et acte d’amour fussent synonymes----Mère Isabelle

Mystère d’une vie donnée : Thérèse de l’Enfant Jésus

On a beau poser toutes les questions à propos de Thérèse, son mystère reste entier. Elle n’est pas un simple sujet littéraire que l’on confine à un objet d’étude ou que l’on réduit à des grilles d’analyse. On a beau écrire quantité de livres sur son message, nous n’avons jamais fini d’en faire le tour. Peut-il en être autrement? « Tout homme est une histoire sacrée », écrivait le poète Patrice de La Tour du Pin. Le langage est bien limité pour décrypter le mystère qu’est toute vie humaine.

En chaque personne qui meurt, un manuscrit reste caché. Thérèse savait que ses paroles et ses écrits ne pouvaient pas dévoiler totalement le secret qui l’habitait. « Il est de ces choses qui perdent leur parfum dès qu’elles sont exposées à l’air, il est des pensées de l’âme qui ne peuvent se traduire en langage de la terre sans perdre leur sens intime et Céleste »

J’ajouterais qu’il y a des amandes que l’on ne peut goûter qu’après en avoir percé le noyau, qu’il faut dépasser l’écorce, l’emballage, les clichés, pour atteindre le fruit. Thérèse surgit toujours là où on ne l’attend pas. Elle défie les frontières, les paradoxes, les antinomies, les images. Toujours hors normes, elle résiste à l’usage et bouscule les bien-pensants. Plusieurs sont agacés par l’attention accordée à la petite sainte aux roses! Les clichés ne datent pas d’hier.

Des reproches faites à la petite Thérèse

On lui reproche d’être d’une famille bourgeoise (alors qu’elle est dépossédée de tout et d’elle-même), d’être névrosée (alors qu’elle atteindra une grande maturité humaine et spirituelle), d’être mièvre et romantique (alors qu’elle est de son époque et que son style rejoint sa vie toute simple), d’être à l’eau de rose (alors qu’elle est énergique, espérant contre toute espérance, vivant les dix-huit derniers mois de sa vie dans la nuit du néant), d’être surprotégée, (alors qu’elle n’est entrée au carmel à quinze ans que pour Jésus et qu’elle mourra de tuberculose dans de grandes douleurs physiques et spirituelles), d’être inaccessible (alors que sa « petite voie » de la confiance et de la sainteté est pour tous), d’être trop parfaite (alors qu’elle supporte avec douceur ses imperfections et que sa faiblesse seule lui donne l’audace de s’offrir à l’amour miséricordieux), d’avoir été exaltée par ses soeurs (alors qu’aucune n’aurait pu prévoir ou penser qu’elle serait canonisée un jour et que le monde se l’approprierait avec autant d’ardeur).

Thérèse se révèle en toute simplicité à travers ses écrits et ses photos authentiques, qui nous sont maintenant offerts sans artifices. Simplicité et profondeur vont de pair ici. Sa « petite voie » d’émerveillement se retrouve aussi dans son écriture dépouillée qui veut rendre compte du « vrai de la vie ». Nous pouvons la lire sans trop de difficulté, même si son époque et sa sensibilité diffèrent de la nôtre. Son langage est imagé, son style est simple, sans être simpliste. Elle écrit comme elle vit. Elle se raconte par images, presque en plans cinématographiques.

Ses textes sont plus intuitifs que didactiques. Elle n’a jamais voulu faire une œuvre, n’écrivant qu’au gré des circonstances le désir qui l’habitait, selon la demande de ses sœurs. Sa vie est son message, son existence est théologique. Il n’y a rien de systématique dans ses écrits, pas de traité spirituel, encore moins des argumentations philosophiques ou théologiques, seulement des synthèses dispersées dans près de huit cents pages de texte.


Thérèse de Lisieux

Belles citations de Thérèse

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