Orantes de l'Assomption
Présence contemplative au cœur du monde
Rien n’est bon comme le détachement de soi-même, rien n’est déplorable comme la paresse spirituelle, j’en sais quelque chose---------Offrez-vous tous les matins et ne vous reprenez pas dans la journée---P. François Picard///////Il y a toujours à supporter, et tout le monde fait supporter. Il faut savoir se supporter mutuellement avec beaucoup de bonté, de patience, mais en même temps d'austérité de langage, avec l'affection des personnes données à Dieu---------- Je voudrai que pour nous prière et acte d’amour fussent synonymes----Mère Isabelle

Jésus enseigne l’essentiel de sa doctrine à ses disciples

En ce temps-là, Jésus disait à ses Apôtres : « Celui qui aime son père ou sa mère plus que moi n’est pas digne de moi ; celui qui aime son fils ou sa fille plus que moi n’est pas digne de moi ; celui qui ne prend pas sa croix et ne me suit pas n’est pas digne de moi. Qui a trouvé sa vie la perdra ; qui a perdu sa vie à cause de moi la gardera. Qui vous accueille m’accueille ; et qui m’accueille accueille Celui qui m’a envoyé. Qui accueille un prophète en sa qualité de prophète recevra une récompense de prophète ; qui accueille un homme juste en sa qualité de juste recevra une récompense de juste. Et celui qui donnera à boire, même un simple verre d’eau fraîche, à l’un de ces petits en sa qualité de disciple, amen, je vous le dis : non, il ne perdra pas sa récompense. »

Mt 10, 37-42

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Comme souvent lorsqu’Il veut enseigner des points essentiels de Sa doctrine, Jésus emploie des expressions qui peuvent paraître brutales ; des paroles dont on se demande parfois si elles ne sont pas de nature à décourager ses auditeurs les mieux disposés. Mais le Seigneur n’a pas pour habitude de mâcher ses mots et Il n’est pas homme à vouloir s’attirer de nouveaux disciples en leur distillant des discours démagogiques et lénifiants, comparables à ceux dont se gargarisent si volontiers nos idéologues contemporains.

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Qui a trouvé sa vie la perdra

« Qui a trouvé sa vie la perdre ; qui a perdu sa vie à cause de moi la gardera« … Cette affirmation semble plus que paradoxale mais cela pointe une vérité fondamentale. Chacun de nous, nous croyons savoir ce qu’est la vie, à partir de nos expériences propres, et le plus souvent une expérience portée par notre action. La vie est en fait bien autre chose que notre action propre. Jésus donne trois étapes pour que nous puissions avancer vers la vraie Vie : perdre, accueillir et, par-là, recevoir la récompense. Entrons dans le chemin proposé, peut-être, que nous pourrons, à partir de là, voir autrement notre propre vie.

Perdre sa vie 

« Perdre sa vie« , cela semble une chose horrible. Et pourtant si nous y regardons bien la perte est bien souvent ce qui nous donne de pouvoir voir autrement les choses… Je perçois que ma vie, c’est un peu comme je l’ai construite : telles relations et pas d’autres, telles valeurs et pas d’autres, telles actions et pas d’autres… Alors perdre ma vie c’est souvent perdre, en fait, les manières de faire, de voir.

Mais dans la perte, je perçois autrement ce qui ne cessait de se donner et dont je n’avais pas forcément conscience. Je ne suis plus à chercher à améliorer la situation présente mais à reprendre autrement les choses… Le Seigneur Jésus ne nous conduit pas vers une nouvelle vie marquée comme la précédente par des choix fluctuants mais vers une nouvelle Vie, celle avec Lui. J’apprends à recevoir ce qui m’advient. Un maitre mot traverse alors son discours : accueillir.

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Qui vous accueille m’accueille 

« Qui vous accueille m’accueille ; et qui m’accueille accueille Celui qui m’a envoyé. » Voilà la vie véritable, la vie de l’individu ne se limite pas à lui-même… elle s’engendre de la relation. Par la relation amplifiée, elle va toujours plus loin jusqu’à la vie de Celui qui a envoyé Jésus : le Père. Ainsi je ne substitue pas une vie à une autre, j’entre dans la Vie celle qui porte toutes les vies au plus profond d’elles-mêmes…

Que le Seigneur bénisse nos chemins, ceux où nous ouvrons à la vie en plénitude en commençant par la perte, pour recevoir et entrer dans la relation plus profonde avec toutes les autres personnes et devenir pleinement vivant, membre du Royaume de Dieu.

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Celui qui ne prend pas sa croix et ne me suit pas…

L’idée de la croix produit une certaine peur naturelle et pourrait nous retenir de suivre le Seigneur de plus près. Mais c’est une peur qui peut être surmontée si nous connaissons bien la signification de la croix pour chacun d’entre nous. Saint Grégoire le Grand a clairement indiqué que « nous pouvons porter la croix de deux façons : soit en maîtrisant notre chair par la sobriété, soit en faisant nôtres les besoins de notre prochain par compassion. »

Porter sa croix tous les jours signifie généralement pour la plupart des chrétiens apprendre à dominer leurs propres passions et goûts, surtout pour rendre la vie plus agréable et plaisante aux autres. Saint Josémaria commentait : « les vrais obstacles qui vous séparent du Christ – l’orgueil, la sensualité… – se surmontent par la prière et par la pénitence. Et prier, et se mortifier, c’est aussi s’occuper des autres et s’oublier soi-même. Si tu vis de la sorte, tu verras que la plupart de tes ennuis disparaîtront. » 

D’autre part, Jésus ne parle pas seulement de renoncement. Il fait également référence à la récompense que nous obtenons lorsque nous le suivons de près et lorsque nous nous occupons de ses disciples. Comme le disait aussi saint Josémaria, « se donner sincèrement aux autres est d’une telle efficacité que Dieu accorde en retour une humilité pleine de joie. ». Le disciple de Jésus qui se donne généreusement est heureux. Et il a souvent le sentiment que ceux qui bénéficient de son travail le reçoivent avec affection et l’apprécient. Même le petit geste d’offrir un verre d’eau au disciple est réalisé comme s’il l’offrait à son propre maître. Et c’est pourquoi les gestes d’affection envers les serviteurs du Maître ne manqueront pas non plus d’être récompensés par Dieu.

Cf. Jean-Luc Fabre compagnon jésuite