Orantes
Présence contemplative au cœur du monde
Rien n’est bon comme le détachement de soi-même, rien n’est déplorable comme la paresse spirituelle, j’en sais quelque chose---------Offrez-vous tous les matins et ne vous reprenez pas dans la journée---P. François Picard///////Il y a toujours à supporter, et tout le monde fait supporter. Il faut savoir se supporter mutuellement avec beaucoup de bonté, de patience, mais en même temps d'austérité de langage, avec l'affection des personnes données à Dieu---------- Je voudrai que pour nous prière et acte d’amour fussent synonymes----Mère Isabelle

Saint Joseph, un vrai père de famille

Père Joseph-Marie Verlinde – Publié le 31/12/20

Pour assurer leur mission, Jésus et Marie avaient besoin d’un père et d’un époux. Joseph a naturellement été comblé par Dieu de toutes les grâces nécessaires à ce rôle unique.

Jésus vrai Dieu et vrai homme, devait avoir une vraie famille. Pour pouvoir s’épanouir humainement, le Fils de Dieu incarné a dû bénéficier, comme tout homme, du ministère de maternité et de paternité. Il faut rappeler ici la doctrine des deux consciences de Jésus. Lorsque le Verbe se fait chair, il ne perd en rien sa conscience divine en tant que Fils de Dieu. Mais il prend également conscience humaine de soi, en animant le corps qu’il reçoit de la Vierge Marie.

L’homme Jésus avait besoin d’un père

L’Incarnation respecte pleinement les lois de la croissance humaine. Cette prise de conscience se fait progressivement selon les lois de la psychologie que l’Incarnation a pleinement respectées. C’est pourquoi l’Enfant avait besoin non seulement d’une mère, mais aussi d’un père, pour « grandir en taille, en grâce et en sagesse sous le regard de Dieu et des hommes » (Lc 2, 52). Les avancées de la psychologie ont permis de reconnaître le rôle primordial du père dans l’élaboration de la structure psychique de l’enfant : il représente pour celui-ci l’altérité et plus largement : l’ouverture au monde. C’est en réponse à la parole du père, qui l’invite à risquer une parole qui lui soit propre, que l’enfant peut exercer sa liberté et accéder à son identité.

Dieu a logiquement comblé Joseph de toutes les grâces nécessaires à sa mission unique. Celui à qui Dieu a confié « ses deux trésors les plus précieux », Jésus et Marie, a forcément reçu dès l’aube de sa vie, toutes les grâces qui lui seraient nécessaires pour assurer son ministère d’époux de la Vierge et de père du Fils de Dieu. Certains saints — et pas des moindres puisqu’il faut compter parmi eux saint François de Sales, docteur de l’Église, et saint Padre Pio — sont allés jusqu’à considérer que, pour être le digne époux de la Vierge Immaculée, saint Joseph a dû jouir de la même grâce, et être préservé lui aussi de tout péché dès sa conception. L’Église ne s’est cependant jamais prononcée sur ce point ; la bulle Ineffabilis Deus du 8 décembre 1854, par laquelle le pape Pie IX définissait le dogme de l’Immaculée Conception de Marie, semble même l’exclure implicitement puisqu’elle parle du « privilège unique » accordé à la Vierge Marie en vue de sa maternité divine.

Une grâce singulière

Il est certain que saint Joseph a reçu toutes les grâces qui lui furent nécessaires pour accomplir sa mission unique aux côtés de la Vierge Marie. Saint Bernardin de Sienne (1380-1444) développe à ce propos un raisonnement exemplaire : « C’est une règle universelle, pour toutes les grâces accordées à quelque créature raisonnable, que, lorsque la bonté divine choisit quelqu’un pour l’honorer d’une grâce singulière ou l’élever à un état sublime, toujours elle accorde à cet élu tous les dons qui sont nécessaires à sa personne et à l’accomplissement de sa mission, et elle l’orne libéralement de ces dons.

Ce principe s’est surtout vérifié en saint Joseph, père putatif de Notre Seigneur Jésus-Christ et véritable époux de la Reine du monde. Choisi par le Père éternel pour être le fidèle nourricier et le gardien de ses plus grands trésors, c’est-à-dire de son Fils et de son épouse, il s’est acquitté très fidèlement de son office. Aussi le Seigneur lui a-t-il dit : “Serviteur bon et fidèle, entre dans la joie de ton Seigneur”. »

L’Homme nouveau devait naître au sein d’une famille

Il a plu à Dieu de tout restaurer en Christ (Col 1, 16-21). Jésus ressuscité est le premier-né de l’humanité nouvelle, recréée à l’image et à la ressemblance de Dieu. À l’aube de la nouvelle création, il convenait de trouver un nouveau couple, restauré dans la grâce en vertu de l’œuvre de Rédemption de Celui qu’il devait accueillir : Jésus-Christ notre Sauveur.

À l’aube des temps nouveaux apparaît ainsi non pas une Vierge solitaire, mais un couple, dont va naître le Sauveur. L’Enfant est né dans le sein de la Vierge Marie, « accordée en mariage à Joseph » (Lc 1, 27) : la précision est importante. L’Homme nouveau devait naître au sein d’une famille qui réalise pleinement le dessein de Dieu sur l’homme et la femme, révélé au livre de la Genèse : « Dieu créa l’homme à son image, à l’image de Dieu il le créa, il les créa homme et femme » (Gn 1, 27).