Orantes
Présence contemplative au cœur du monde
Rien n’est bon comme le détachement de soi-même, rien n’est déplorable comme la paresse spirituelle, j’en sais quelque chose---------Offrez-vous tous les matins et ne vous reprenez pas dans la journée---P. François Picard///////Il y a toujours à supporter, et tout le monde fait supporter. Il faut savoir se supporter mutuellement avec beaucoup de bonté, de patience, mais en même temps d'austérité de langage, avec l'affection des personnes données à Dieu---------- Je voudrai que pour nous prière et acte d’amour fussent synonymes----Mère Isabelle

Musique sacrée : au commencement étaient les Psaumes

Les psaumes constituent probablement la toute première musique sacrée qui ait été adressée au Dieu monothéiste des juifs. Chants aussi importants que vivants, le judaïsme, puis le christianisme, n’auront de cesse de les psalmodier, jour et nuit, tout au long de l’année. Aujourd’hui encore, plus présents que l’on ne le pense souvent, ils demeurent au cœur de la Bible des chrétiens, de la liturgie, et de manière surprenante plus largement encore parfois…

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Le Livre des psaumes, ainsi que l’indique son étymologie en hébreu biblique – Séfer Tehillim, séfer pour livre et Tehillim pour louanges – est un extraordinaire Livre de Louanges. Véritable dialogue entretenu avec la transcendance, les psaumes traduisent très souvent le cri adressé par les hommes de leur conditionCes derniers étaient chantés par les chantres dans le Temple et leur importance est grande dans l’Ancien Testament si l’on songe à cet épisode de David évoqué dans le deuxième Livre de Samuel (2 S 6, 14) composant des chants et des hymnes à Dieu en mètres, trimètres et pentamètres (pieds dans la poésie), certains n’hésitant pas à faire même de lui l’inventeur de l’art musical en Israël.

Chants de louanges, les psaumes s’intègrent progressivement à la liturgie juive avec le siddour, le livre de prières journalières destiné aux dévotions privées. La musique des Psaumes constituait et constitue encore un moyen important de connaître la Torah, dimension dont le christianisme héritera.

L’héritage des psaumes aux chrétiens

Les psaumes comptent assurément, en effet, parmi les legs les plus précieux laissés aux chrétiens par les juifs. Le psautier, recueil des psaumes, sera ainsi repris quasi intégralement par la Bible de la Septante en la langue grecque. Derrière la barrière de la langue, c’est cependant bien la même louange qui est portée jusqu’à Dieu à travers les 150 textes composant le psautier.

Jésus lui-même tint à souligner l’importance des Psaumes en y faisant directement ou indirectement référence jusqu’à ce poignant cri sur la croix : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? » reprenant les paroles du psalmiste (Ps 21). Il est possible de dénombrer pas moins d’une trentaine de psaumes évoqués dans les paroles de Jésus, une manière de démontrer le rattachement de son message à celui du judaïsme.

Il est touchant également de constater dans le témoignage de Paul aux Corinthiens que cette tradition demeure toujours aussi vivante dans les premières communautés chrétiennes (1 Co 14, 26). Des fragments d’hymnes seront même repris et insérés dans le Nouveau Testament. Des témoignages rapportent que durant la Vigile pascale, les psaumes étaient chantés jusqu’au chant du coq… Saint Jérôme tout comme saint Ambroise auront à cœur non seulement de commenter les psaumes mais également d’en encourager leur chant en public, la paix constantinienne ayant pacifié les conditions du culte pour les chrétiens. Les psaumes seront alors dorénavant chantés aux Offices, comme ils le sont encore de nos jours dans nos églises.

Psaumes, musique et instruments

De par leur importance, les psaumes vont dès les premiers temps inspirer des compositions musicales. À l’origine, ils étaient chantés à l’aide d’instrument à cordes en référence à l’instrument de David. Par la suite, des œuvres d’art comme les Psautiers illustrés du Moyen Âge ou encore le célèbre Retable de l’Agneau mystique des frères Van Eyck viendront illustrer la manière dont ils pouvaient être interprétés à l’aide d’instruments de plus en plus variés tels les cors, trompettes, cornets, cordes, flûtes douces, petit orgue… 

Au fil des siècles, l’histoire des psaumes suivra tant l’histoire de la musique sacrée que celle de l’Église elle-même. Ainsi, cette musique sacrée conçue dans le seul but de « plaire à Dieu » viendra-t-elle inspirer le plain-chant et le chant grégorien avec le génie que l’on sait, puis les non moins fameux chants de la Réforme avec Luther et que le grand Bach sublimera dans d’inoubliables compositions… sans oublier le Gospel.

À certaines périodes de notre vie, lorsque s’accumulent déceptions, relations difficiles avec ceux que nous aimons, échecs personnels ou ennuis de santé, il nous arrive d’être complètement découragés. Parfois, c’est le début d’une vraie dépression, qui nécessite une prise en charge médicale (cela n’arrive pas qu’aux autres !). Mais  plus souvent, c’est une épreuve passagère. Comment remonter la pente ? Comment reprendre confiance ? Les psaumes nous ouvrent un chemin pour sortir de la nuit :

« Combien de temps, Seigneur, vas-tu m’oublier ? » Ps 12

« Décharge ton fardeau sur le Seigneur : Il prendra soin de toi » Ps 54

« Lave-moi tout entier de ma faute, purifie-moi de mon offense » Ps 50

« Dirige ton chemin vers le Seigneur, fais-Lui confiance, et Lui, Il agira » Ps 36

« Chaque jour je Te bénirai, je louerai Ton nom toujours et à jamais » Ps 144

« Seigneur mon Dieu, Tu éclaires ma nuit. (…) Pour le combat Tu m’emplis de vaillance » Ps 17

« Le Seigneur est mon berger, ne ne manque de rien » Ps 22

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Cf. Aleteia