Présence contemplative au cœur du monde
Rien n’est bon comme le détachement de soi-même, rien n’est déplorable comme la paresse spirituelle, j’en sais quelque chose---------Offrez-vous tous les matins et ne vous reprenez pas dans la journée---P. François Picard///////Il y a toujours à supporter, et tout le monde fait supporter. Il faut savoir se supporter mutuellement avec beaucoup de bonté, de patience, mais en même temps d'austérité de langage, avec l'affection des personnes données à Dieu---------- Je voudrai que pour nous prière et acte d’amour fussent synonymes----Mère Isabelle

Au commencement était un bébé…

Le Christ aime l’enfance ! La crèche, c’est la victoire de l’innocence, de la douceur, de l’humilité. Voilà ce que nous rappelle le pape Saint Léon le Grand (Vè siècle) dans ce texte vieux de 1600 ans, mais qui n’a pas pris une ride… Nos espérons que ce texte nous portera à reconnaître Dieu dans « un enfant gardant le silence, tranquille, confié aux soins de sa mère » comme le dit Saint Grégoire le Grand dans les lignes qui vont suivre.

Ce n’est pas sans raison que ceux qui son venus adorer Jésus ne le virent pas en train de commander aux démons, de ressusciter des morts, de rendre la vue aux aveugles, ou la parole aux muets, ni d’accomplir quelque acte relevant de la puissance divine.

Non, ils virent un enfant gardant le silence, tranquille, confié aux soins de sa mère; en lui n’apparaissait aucun signe de pouvoir, mas il offrait à la vue un grand prodige, son humilité. Aussi le spectacle même de ce saint enfant auquel Dieu, Fils de Dieu, s’était uni, présentait aux regards un enseignement qui devait plus tard être proclamé aux oreilles, et ce que ne proférait pas encore le son de sa voix, le simple fait de le voir faisait déjà qu’il l’enseignait.

Toute la victoire du Sauveur, en effet, victoire qui a subjugué le diable et le monde, a commencé par l’humilité et a été consommée par l’humilité.

Il a inauguré dans la persécution ses jours prédestinés, et les a terminés dans la persécution. A l’enfant n’a pas manqué la souffrance, et à celui qui était appelé à souffrir n’a pas manqué la douceur de l’enfance. Car le Fils unique de Dieu a accepté par un unique abaissement de sa majesté, et de naître volontairement homme et de pouvoir être tué par des hommes. (…)

Le Christ aime l’enfant qu’il a d’abord vécue et dans on âme et dans son corps. Le Christ aime l’enfant, maîtresse d’humilité, règle d’innocence, modèle de douceur. Le Christ aime l’enfant, vers elle il oriente la manière d’agir des aînés, vers elle il ramène les vieillards, il attire à son propre exemple ceux qu’il élève au royaume éternel.

Saint Léon le Grand (vers 390-461), Sermon pour l’Épiphanie