Présence contemplative au cœur du monde
Rien n’est bon comme le détachement de soi-même, rien n’est déplorable comme la paresse spirituelle, j’en sais quelque chose---------Offrez-vous tous les matins et ne vous reprenez pas dans la journée---P. François Picard///////Il y a toujours à supporter, et tout le monde fait supporter. Il faut savoir se supporter mutuellement avec beaucoup de bonté, de patience, mais en même temps d'austérité de langage, avec l'affection des personnes données à Dieu---------- Je voudrai que pour nous prière et acte d’amour fussent synonymes----Mère Isabelle

Mystère de Pâques, Oeuvre du peintre Maurice Denis

Le mystère de Pâques selon Maurice Denis
La Résurrection…
(Huile sur toile, 102 x 104 cm, Chicago, The Art Institute)
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Le Mystère de Pâques (1891), œuvre du peintre Maurice Denis
(1870-1943), est commenté par le Père Venceslas Deblock, diplômé de l’école du Louvre.

C’est un beau matin de printemps. Un matin de Pâques saisi par Maurice Denis dans le jardin de sa maison du prieuré à St Germain-en-Laye, qu’on aperçoit au fond. Peintre symboliste, pour Maurice Denis, la résurrection est d’abord visible dans la Nature. Elle est selon ses mots, révélation divine et appel à la sanctification. Au fait de l’avant-garde de son époque, l’artiste dispose ses couleurs, vives et fraîches, selon une technique pointilliste. Il dessine de dansantes arabesques avec les arbres et crée ainsi un paysage clair et joyeux.

Chrétien convaincu, membre du mouvement pictural Nabi, dérivé du mot « prophète », Maurice Denis ne célèbre pas seulement la nature renaissante. Son Mystère de Pâques célèbre bien la Création, mais saisie dans la résurrection du Christ éternellement présent. Pour l’exprimer, l’artiste associe deux espaces temporels différents que seul le mystère pascal peut unir.

Au premier plan, selon l’Évangile de Marc, une procession de trois femmes, portant le deuil comme on le faisait à l’époque de l’artiste, voit surgir du tombeau un homme jeune leur annonçant la résurrection du Seigneur et se prosternent devant cette apparition pleine de vie.

Plus loin, derrière le village, une procession vêtue de blanc traverse le jardin du Prieuré. Figures de communiantes, symboles de l’âme ou figures de baptisés, tous s’avancent vers une main surgie de nulle part leur tendant une blanche hostie, motif issu d’un tympan roman. Les sacrements sont signes de la résurrection dans la vie de l’Église, et ils la communiquent, particulièrement dans le baptême et l’eucharistie.

Mais pour le découvrir, il faut marcher. Il y a 2 000 ans, un siècle, ou aujourd’hui, il faut toujours marcher et se nourrir de la présence de Jésus. Dans le deuil ou dans la joie, il faut marcher ensemble. Il faut marcher, nourri par les sacrements, pour découvrir et recevoir la vie nouvelle du Christ ressuscité. C’est ce que Maurice Denis, que ses amis surnommaient « le nabi aux belles icônes », nous offre comme message de Pâques.

P. Venceslas Deblock