Présence contemplative au cœur du monde
Rien n’est bon comme le détachement de soi-même, rien n’est déplorable comme la paresse spirituelle, j’en sais quelque chose---------Offrez-vous tous les matins et ne vous reprenez pas dans la journée---P. François Picard///////Il y a toujours à supporter, et tout le monde fait supporter. Il faut savoir se supporter mutuellement avec beaucoup de bonté, de patience, mais en même temps d'austérité de langage, avec l'affection des personnes données à Dieu---------- Je voudrai que pour nous prière et acte d’amour fussent synonymes----Mère Isabelle

Le « Grand Canon » de Saint André de Crète

Saint André de Crète

Voici la première Ode du « Grand Canon pénitentiel » de Saint André de Crète (660-740), Hymnogrphe de la liturgie byzantine, Moine dans le Monastère attenant au Saint Sépulcre à Jérusalem. Dès l’âge de 15 ans il fut Évêque de Gortyne en Crète. Ci-dessous, la première Ode du « Grand Canon pénitentiel » des neuf Odes bibliques de la liturgie grecque en 250 strophes, qui est le plus long et le plus connu. Ces Odes sont lus ou chantés pendant le Carême.

La « Première Ode du Grand Canon » de Saint André de Crète :

Par où commencerai-je à me lamenter sur les actes de ma misérable vie ? Quelles prémices poserai-je à la présente lamentation ? Mais comme miséricordieux, donne-moi la rémission des péchés. 

Viens, ô mon âme misérable, avec ta chair, confesse-toi au Créateur de toutes choses et éloigne-toi désormais de ta préalable déraison, puis offre à Dieu des larmes dans le repentir. 

J’ai rivalisé dans la transgression avec Adam le premier créé et, par mes péchés, je me suis vu dépouillé de Dieu, ainsi que du Royaume éternel et de ses délices. 

Malheur à toi, âme misérable, pourquoi t’es-tu rendue semblable à la première Ève ? Mauvais fut ton regard et tu as été grièvement blessée ; tu as touché l’arbre, et tu as goûté inconsidérément à la nourriture déraisonnable. 

Au lieu de l’Ève sensible s’est installée en moi l’Ève spirituelle, sous la forme de pensée passionnée dans la chair, qui me montre la volupté, et qui goûte sans cesse le breuvage amer. 

C’est en toute justice qu’Adam, ayant transgressé un seul de Tes commandements, fut chassé de l’Éden ; que devrai-je subir, moi qui continuellement rejette Tes paroles vivifiantes ? 

J’ai surpassé le meurtre de Caïn, devenu meurtrier de ma conscience par un choix volontaire, en vivifiant la chair et en faisant la guerre contre l’âme par mes œuvres mauvaises. 

Je n’ai pas été semblable, ô Jésus, à Abel dans sa justice. Des dons qui Te soient acceptables, je ne T’en ai jamais offerts, non plus que des saintes actions, ni une vie immaculée. 

A l’instar de Caïn, nous aussi, ô mon âme misérable, nous avons offert au Créateur de toutes choses, à la fois des œuvres souillées et un sacrifice maculé, ainsi qu’une vie inutile. Aussi, nous avons été condamnés. 

Tel le potier qui façonne l’argile, Tu as mis en place ma chair et mes os, mon souffle et ma vie. Mais, ô mon Créateur, mon Libérateur et mon Juge, reçois-moi repentant. 

Je T’annonce, Sauveur, les péchés que j’ai commis, ainsi que les plaies de mon âme et de mon corps, dont m’ont couvert, tels des brigands, les pensées meurtrières. 

Bien que j’aie péché, Sauveur, je sais que Tu es Ami des hommes, Tu punis avec compassion et Tu compatis avec ferveur ; Tu vois celui qui sanglote, et Tu accours comme le Père rappelant le prodigue. 

Gisant devant Ta porte, Sauveur, ne me rejette pas aux enfers au déclin de mes jours, comme un être stérile, mais avant la fin, Toi qui aimes les hommes, donne-moi la rémission des péchés. 

Par mes pensées, je suis semblable à celui qui est tombé aux mains des bandits ; je suis maintenant percé de leurs coups et couvert de blessures. Mais, Christ Sauveur, viens Toi-même vers moi et guéris-moi. 

Le prêtre, m’ayant aperçu, est passé outre, et le Lévite, voyant mes malheurs et ma nudité, me méprisa. Mais Jésus, né de Marie, viens et sois miséricordieux envers moi. 

Agneau de Dieu, qui ôte les péchés de tous, ôte de moi le lourd fardeau du péché, et comme miséricordieuse, donne-moi des larmes de componction. 

C’est le temps du repentir, je viens à Toi, mon Créateur, ôte de moi le lourd fardeau du péché et dans Ta miséricorde, donne-moi des larmes de componction. 

Ne m’abhorre pas, Sauveur, ne me rejette pas de Ta face, ôte de moi le lourd fardeau du péché, et comme miséricordieux, donne-moi la rémission de mes fautes. 

Mes fautes volontaires et involontaires, manifestes et cachées, connues et inconnues, pardonne-les toutes comme Dieu, sois miséricordieux envers moi et sauve-moi. 

Depuis ma jeunesse, ô Christ, j’ai transgressé Tes commandements ; j’ai passé ma vie dans les passions, l’indolence et l’oisiveté ; aussi je Te crie, ô Sauveur, tout au moins à la fin de ma vie, sauve-moi ! 

J’ai dissipé mes biens dans la débauche, ô Sauveur, je suis dépourvu des fruits de la piété, aussi, affamé, je m’écrie : Père des miséricordes, hâte-Toi de venir à ma rencontre et aie pitié de moi. 

Je tombe à Tes pieds, Jésus, j’ai péché contre Toi, purifie-moi, ôte de moi le lourd fardeau du péché, et dans Ta miséricorde, donne-moi des larmes de componction. 

N’entre pas en jugement avec moi, mettant mes actions au grand jour, scrutant mes paroles, et accablant mes penchants. Mais, par Tes miséricordes, ne faisant pas cas de mes terribles péchés, sauve-moi, ô Tout-Puissant. 

Les Odes 2 à 9, consultez les pages orthodoxes

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